RDC, 9 octobre 2026 – Dans un message solennel adressé à la Nation congolaise ce vendredi 9 octobre 2026, le président honoraire de la République, Joseph Kabila Kabange, a lancé une nouvelle mise en garde sur la situation politique, sécuritaire et économique de la République démocratique du Congo. Sous le titre évocateur « Le pays est en péril : ne pas agir, c’est être complice », il dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance actuelle et appelle les Congolais à faire face à ce qu’il qualifie de crise existentielle pour la République.

Un pays au bord de la rupture

Pour Joseph Kabila, la RDC traverse une crise multidimensionnelle qui menace les fondements mêmes de l’État, la cohésion nationale et l’avenir des générations futures. L’ancien chef de l’État estime que les mises en garde formulées dans son précédent message du 23 mai 2025 sont restées sans réponse et que la situation nationale n’a cessé de se détériorer.

Il accuse le pouvoir en place de privilégier sa propre survie politique au détriment des intérêts fondamentaux du peuple congolais. Il dénonce notamment la concentration excessive du pouvoir, le népotisme, le tribalisme, la marginalisation de certaines catégories de citoyens et l’aggravation des inégalités sociales.

Une guerre sans issue et un dialogue national sacrifié

Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila critique vivement la conduite des opérations militaires et l’absence, de résultats suffisants pour garantir la paix et l’intégrité territoriale du pays. Il met également en cause le respect des engagements de cessez-le-feu et dénonce la poursuite des violences qui frappent les populations civiles.

L’ancien président reproche aux autorités de fermer la porte à un dialogue national véritablement inclusif, malgré les initiatives portées par plusieurs organisations régionales, l’Union africaine ainsi que les Églises catholique et protestante.

Pour lui, aucune solution durable à la crise congolaise ne peut être imposée par la contrainte ou la soumission politique. La paix exige, au contraire, une volonté politique réelle, une concertation sincère et la participation de toutes les forces vives de la Nation.

Libertés publiques, justice et gouvernance dans le viseur

Le message dénonce également de graves atteintes présumées aux droits humains et aux libertés fondamentales. Joseph Kabila évoque des arrestations et détentions arbitraires, la situation de militaires emprisonnés, les pressions exercées sur des responsables de l’opposition, des journalistes et des activistes des droits humains, ainsi que des actes de violence auxquels les autorités n’auraient pas apporté de réponse judiciaire adéquate.

Sur le plan économique, il fustige la corruption, les détournements de fonds publics et l’augmentation de la dette, estimée à ce jour à plus de 18 milliards de dollars américains en 7 ans. Il met par ailleurs en garde contre les conséquences des accords portant sur les minerais critiques, considérant que la gestion de ces ressources stratégiques engage directement la souveraineté nationale et l’avenir des générations futures.

La Constitution, nouvelle ligne de fracture

Le Président Joseph Kabila Kagange exprime également son opposition à toute démarche visant à modifier la Constitution. Il cite notamment la reprise des travaux parlementaires relatifs à une proposition de loi sur le référendum et les campagnes favorables au changement constitutionnel.

À ses yeux, ces initiatives alimentent les soupçons d’une volonté de pérennisation du pouvoir et risquent d’aggraver les tensions politiques dans un pays déjà fragilisé par la guerre et la défiance envers les institutions.

Un appel à la responsabilité historique du peuple congolais

En conclusion, Joseph Kabila estime que les Congolais ne peuvent plus rester spectateurs de la dégradation de la situation nationale. Il les appelle à faire preuve de courage, de discernement, de conviction et d’engagement pour défendre la République, les libertés fondamentales et la souveraineté nationale.

L’ancien chef de l’État annonce qu’il partagera, dans les heures, les jours ou les semaines à venir, sa vision des actions à entreprendre pour répondre à la gravité de la crise.

La RDC ne peut durablement faire l’économie d’une réponse politique à la hauteur de ses crises. L’urgence est de préserver la Nation, de rétablir la confiance et d’ouvrir une voie crédible vers la paix, la démocratie et la stabilité.

Presse — Mouvement Sauvons la RDC